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Les soutiers des facs de droit

In Vacataires on avril 8, 2010 at 7:28

Le premier billet de ce blog, puisqu’il faut bien ouvrir le bal, sera dédié aux « soutiers des facs de droit ». Qui sont-ils, quelle(s) réalité(s) se dissimule(nt)derrière cette appellation ? Il s’agit essentiellement de doctorants, post-doctorants et autres vacataires. Leurs points communs sont l’attrait pour l’enseignement et la recherche d’une part, la précarité d’autre part.

Ces personnes constituent un rouage essentiel dans le fonctionnement des universités. Ils assurent bien évidemment des cours mais sont également très largement sollicités pour une kyrielle de tâches annexes. Très présents physiquement au sein des laboratoires et centres de recherches, il n’est pas rare qu’ils assurent secrétariat, gestion de bibliothèques et autres charges administratives liées au fonctionnement de telle ou telle filière. Ils sont très régulièrement amenés à participer à la correction des copies qui, ces dernières années, se sont multipliées comme des petits pains entre de Divines mains.

Une telle activité n’est pas anormale en soi et fait sans doute partie de l’apprentissage du métier d’enseignant chercheur. Deux remarques cependant.

  • La première tient à la précarité de leur situation. Tous les « soutiers » en sont sans doute bien conscients et c’est sans doute la raison pour laquelle ils sont prêts à tout accepter pour rester dans les petits papiers des plus gradés qu’eux. Bien malin pourtant – ou doté de très longs bras  – l’universitaire qui peut garantir une titularisation aux vacataires gravitant dans son orbite. Il n’est donc pas rare qu’après quatre ou cinq ans de bons et loyaux services, ces personnes soient « remerciées ». L’université les oubliera vite mais elles en conserveront souvent une compréhensible et sévère rancœur.
  • La seconde concerne la rétribution. Si l’on met de côté les allocataires, ATER ou autres statuts équivalents, le taux de ces vacataires pour une heure de cours est de 40 euros. En pratique, il n’est pas rare que les services financiers mettent en paiement les intéressés deux ou trois fois par an le tout avec un décalage significatif dans le temps. Les vacataires – qui ont en général entre 25 et 30 ans – doivent donc déployer des trésors d’imagination budgétaire pour faire face à ces pratiques. Il faut ensuite relever que contrairement à l’adage qui voudrait que tout travail mérite salaire, les « soutiers » accomplissent de nombreuses tâches pour lesquelles ils ne reçoivent aucune rétribution. Leur mission commence généralement par un mail ou un coup de fil du type : « Au fait, le 27 j’ai besoin d’un coup de main, tu es libre ? ». Le « non » est un mot dont le « soutier » ne se sert qu’avec une prudente parcimonie…

Je n’ai pas – nous n’avons pas – la clef pour améliorer la situation. Je voulais juste, à travers ces quelques remarques, témoigner de ma – de notre – profonde estime à l’égard de ces personnes que je sollicite plus souvent qu’à mon tour.

S. Darmaisin – MCF Nîmes

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  1. De nombreuses personnes se retrouveront dans cet exposé qui reflète une réalité bien présente et des situations, en effet, précaires. Le fil rouge, ou le dénominateur commun, ce qui relie tous ces « soutiers », est la passion pour l’enseignement et la recherche: l’envie, presque viscérale, de transmettre et de construire un savoir pour tous ceux qui choisissent de suivre une formation universitaire.
    Que de journées, de soirées à échanger, avec d’autres compagnons d’infortune (une pensée particulière pour un brillant chargé de TD à Nîmes, aujourd’hui ATER à Dijon, demain docteur et après demain enseignant), sur la masse de travail lors de la préparation de cours, de travaux dirigés, lors de la correction des copies… Cette masse de travail qui passe inaperçue par ceux qui croient que l’universitaire ne fait cours que quelques heures par semaine, quelques mois par an. Tous ces moments de doute dans ce travail de préparation et d’appréication pour un moment privilégié: l’enseignement aux étudiants!
    Espérons que l’université restera ce lieu d’échange des opinions et des savoirs.

    V. Edel, ex-ATER Nîmes.

  2. […] cours magistraux viennent assister à des séances de travaux dirigés, pour mieux superviser les chargés de T.D. C’est une solution. Ma maigre expérience ne m’a jamais fait ressentir la nécessité […]

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